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Situation des infrastructures hydrauliques

  1. Infrastructures de stockage d’eau de surface (barrages)

La région du Kadiogo dispose de 80 barrages, dont 3 étaient initialement destinés à l’alimentation en eau potable (AEP) à savoir les barrages 1, 2 et 3 tandis que les 77 autres sont dédiés à l’agriculture, l’élevage et la pêche. L’état général de ces ouvrages est préoccupant : seuls 5 % sont en bon état, 40 % dans un état moyennement bon, et plus de la moitié (55 %) sont en mauvais état. Par ailleurs, la gouvernance locale de l’eau reste faible, puisque seulement 17 barrages sur 80 disposent d’un Comité des Usagers de l’Eau (CUE), ce qui limite la gestion participative et l’entretien courant.

  1. Infrastructures d’eau potable et petits ouvrages hydrauliques

Pour l’approvisionnement en eau potable en milieux rural et périurbain, la région compte un important parc de forages équipés de pompes à motricité humaine (PMH) : 3 132 forages, dont 87,4 % sont fonctionnels, soit un taux de disponibilité relativement satisfaisant. À ces ouvrages s’ajoutent des systèmes plus élaborés : 7 Adductions d’Eau Potable à Motrice Humaine (AEPMV) toutes fonctionnelles, 39 Adductions d’Eau Potable Simplifiées (AEPS) dont 95 % fonctionnelles, et 23 mini-AEP toutes opérationnelles. Ce maillage d’infrastructures permet une couverture correcte de la région, même si le mauvais état des barrages et l’insuffisance des CUE appellent à des actions de réhabilitation et de renforcement de la gestion locale.

 

Accès aux logements

Le droit à un logement décent est consacré par la Constitution du Burkina Faso. De ce fait, des investissements majeurs ont été réalisés dans différents programmes afin d’améliorer le cadre de vie des populations, laquelle repose nécessairement sur un accès facile au logement.

La ville de Ouagadougou et les communes environnantes regroupent à elle seule environ 57 % de la demande nationale en logements sociaux et économiques, justifiant la priorité accordée à cette région dans la mise en œuvre des programmes publics de logement. La mise en œuvre des programmes de construction de logements décents s’est traduite par la mobilisation et l’aménagement de sites pour la construction de logements, notamment :

  • Programme de restructuration des zones d’habitat spontané et d’apurement du passif du foncier urbain lancé en 2025 ;
  • le programme 10 000 logements entre 2008-2016 ;
  • le programme National de Construction de Logements (PNCL) entre 2016-2022 ;
  • le programme « Burkina Deenw Ka Soow » couvrant la période 2024-2028 avec des HLM dans la commune de Ouagadougou ;
  • Les cités PNCL de Ponsomtenga et de Komsilga dans la commune de Komsilga
  1. Résultats majeurs enregistrés

Les interventions combinées du Programme 10 000 logements sociaux et économiques (2007–2011) et du Programme National de Construction de Logements – PNCL (2017–2022) ont permis à la région du Kadiogo d’enregistrer les résultats les plus significatifs à l’échelle nationale.

  • Plus de 750 logements ont été réalisés ou engagés dans le cadre du Programme 10 000 logements, principalement à Ouagadougou (Cité de la Solidarité au secteur 19, Cité Verte au secteur 30, Kamboinsé, Loumbila, Tampouy), selon des modalités mixtes associant financement public et partenariats public-privé.
  • Dans le cadre du PNCL, la région du Kadiogo a totalisé 4 417 logements construits, soit 61,11 % des réalisations nationales, dont 2 706 logements sociaux et 1 711 logements économiques. Les réalisations ont été concentrées à Ouagadougou et dans les communes périphériques notamment à Bassinko (3 241 logements), Zagtouli (434 logements), Koubri (417 logements), Komsilga (143 logements) et Saaba (102 logements), avec l’implication active de promoteurs immobiliers agréés.
  1. Aménagement urbain et structuration du territoire : Les programmes ont intégré des actions structurantes d’aménagement urbain, avec environ 200 hectares de foncier aménagés dans la région du Kadiogo (près de 20 % du total national) et 35 km de voies ouvertes ou réhabilitées. Ces investissements ont permis la viabilisation progressive des sites, l’amélioration de l’accessibilité et le raccordement de plusieurs cités aux réseaux d’eau potable et d’électricité, contribuant à la structuration de nouveaux pôles urbains.
  2. Efforts financiers et impacts socio-économiques : La région du Centre a concentré une part prépondérante des ressources financières, avec des investissements estimés à environ 54,5 milliards FCFA provenant de l’Etat et des promoteurs immobiliers, représentant plus de 64 % du budget du PNCL. Ces investissements ont généré des retombées économiques notables, avec près de 43 883 emplois directs[1] créés, en plus des emplois indirects liés aux activités du secteur du BTP.
  3. Enseignements clés pour la décision publique
  • La région du Kadiogo demeure le levier principal des politiques nationales de logement, tant en volume de demande qu’en capacité d’absorption des investissements ;
  • Les partenariats public-privé ont démontré leur pertinence pour accélérer la production de logements, sous réserve d’un encadrement renforcé ;
  • La viabilisation et la mobilisation foncière constituent des facteurs critiques de succès pour la durabilité des opérations.
  1. Orientations stratégiques proposées
  • Consolider la priorité accordée à la région du Centre tout en maîtrisant les déséquilibres territoriaux ;
  • Renforcer les mécanismes de financement et de suivi des PPP ;
  • Accélérer la viabilisation des sites en amont des constructions pour améliorer l’efficacité des investissements.

 Dans le cadre de la mise en œuvre du programme « Burkina Deenw Ka Soow » entre 2024 et le 31 décembre 2025, 1247 logements sociaux et économiques ont été réalisés dans la région du centre. Pour l’année 2026, la priorité du Ministère de la Construction de la Patrie est d’opérationnaliser les sites existants et accroitre dans le même temps l’offre au logement décent dans la région des Kadiogo.