Économie

Accueil / Économie

Aperçu général sur l'économie

La région de Yaadga contribue pour 4,8% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) selon les données définitives des comptes nationaux de 2012 (SNADDT 2040, janvier 2017). Son économie est dominée par les secteurs de production (activités agrosylvopastorales, faunique et halieutique et exploitation minière) et les activités de soutien aux secteurs de production constituées par les activités d’échanges et de service (transport, commerce, tourisme et télécommunications).

Les individus occupés représentent 27,6 % contre 3,7 % pour les chômeurs et 68,7 % pour les personnes hors main-d’œuvre. Le taux d’activité s’élève à 31,3%, avec un niveau plus élevé en milieu urbain (34,1%) qu’en milieu rural (30,7 %). Le secteur primaire, largement dominé par les activités agropastorales, regroupe 77,9 % des actifs occupés. Le secteur tertiaire qui comprend principalement le commerce et les activités de service vient en deuxième position avec 15,1 % des actifs occupés. Selon la situation dans l’occupation principale, les travailleurs indépendant (48,5 %) sont plus représentés que les aides familiales (40,2 %) et les salariés qui ne représentent que 7,6 % de l’ensemble. Le taux de chômage au sens du BIT est de 11,9 %, tandis que le taux de chômage combiné atteint 53,6 %. Le taux de chômage est relativement plus faible en milieu rural par rapport au milieu urbain, et ce, quelle que soit la définition de chômage retenue (BIT ou taux combiné). Aussi, le chômage touche les femmes plus que les hommes. Ce résultat demeure valable dans les quatre provinces et dans la plupart des communes.

Quelques données sur l'économie

5ème région la plus peuplée du Pays (Incidence de pauvreté à 60,8%)

89,34% de cette population réside en milieu rural

89,74 habitants au km²

3,48% de taux d’accroissement annuel moyen

52,66% de femme (majorité féminine comme à l’échelle nationale)

48,51% de la population a moins de 15 ans.

Agriculture

Le sous-secteur de l’agriculture dans la région de Yaadga dispose de potentialités à même de booster son développement. Ainsi, on note un important potentiel aménageable et irrigable estimé à plus de 8 000 ha. Au total 168 bas-fonds aménageables ont été recensés par les services en charge de l’agriculture avec une superficie totale de 7 051 ha.

Dans le cadre de l’intensification de la production agricole, l’Etat et ses partenaires accompagnent les producteurs à travers divers appuis. Ainsi, au cours de la période 2023-2024, on note :

  • l’aménagement de 820 ha de périmètre irrigué et de 1 403,1 ha de bas-fonds ;
  • la dotation de 25 tracteurs, 15 motoculteurs, 59 motopompes, 2 388 tubes PVC, etc. ;

la dotation de 4 489,650 tonnes d’engrais minéraux et de 562,596 tonnes de fumure/engrais organique ;

  • la réalisation de 1 035 ha de cordons pierreux, de 932,5 ha de demi-lunes, de 551,8 ha de zaï et 690 fosses compostières ;
  • la réalisation de 09 magasins de stockage et 02 chambres froides;
  • la dotation de 259 890,15 kg de semences certifiés, de 3 018,04 kg de semences maraichères et 181 925 kg de semences de pomme de terre ;
  1. Productions agricoles

Les productions agricoles sont constituées de cultures pluviales et maraichères. Les cultures céréalières occupent les plus grandes superficies et sont constituées essentiellement du mil, du sorgho, du maïs et du riz. Le mil et le sorgho sont les aliments de base de la population.

  • Productions céréalières

Les principales spéculations exploitées dans la région sont le mil, le sorgho blanc, le sorgho rouge, le maïs, le riz et le fonio. En termes de volume de production, le sorgho blanc et le mil apparait comme les premiers produits céréaliers de la région.

Pour la campagne 2024-2025, la production céréalière s’élève à 253 185 tonnes, dominée par le sorgho blanc à hauteur de 66% et du mil avec 13%.

  • La production de rente

Les principales cultures de rente sont l’arachide et dans une moindre mesure, le sésame. Sur la période 2024-2025, la production d’arachide a représenté plus de 90% de la production globale de rente. Toutefois, il convient de noter qu’elle a connu des fluctuations avec une tendance à la hausse. La production de sésame a également connu les mêmes évolutions mais dans des proportions faibles.

  • Autres cultures vivrières

La production totale des autres cultures vivrières a connu des fluctuations et s’est élevée à plus de 92 600 tonnes pour la campagne 2024-2025. La production est essentiellement dominée par le niébé représentant 97% de la production totale.

  • La production maraichère

La culture maraîchère occupe une place de choix dans la région où on exploite sur plus de 400 sites diverses spéculations comme la pomme de terre, l’oignon, la tomate, le chou, le haricot vert, la laitue, l’aubergine, le piment et le poivron.

En 2024, la production maraichère est de 976 591 tonnes dont 42,71% d’oignon bulbe, 20,64% de tomate et 13,54% de pomme de terre. Les autres spéculations se partagent les 23,11% restants.

Élevage

  • Facteurs et systèmes de production

L’élevage est pratiqué cumulativement avec l’agriculture et prend plus d’importance en milieu rural. Il constitue une des sources de revenus des populations.

L’élevage dans la région reste extensif et est marqué par la prédominance de trois (03) systèmes de production :

  • le système transhumant : caractérisé par des migrations cycliques à la recherche de pâturages, de points d’eaux et des cures salées. Ce mode d’élevage concerne surtout les bovins, les caprins et les ovins ;
  • le système agro-pastoral : caractérisé par un élevage sédentaire, s’applique essentiellement aux petits ruminants ;
  • le système semi intensif : il est le moins pratiqué dans la région et concerne l’embouche (bovine et ovine) et la production laitière.

En matière d’infrastructures, la région compte 73 pistes à bétail d’un linéaire total de 1 282 km, 164 parcs de vaccination, 17 marchés à bétail et 96 forages pastoraux.

Source : DRARAH-YDG, 2025

L’alimentation du bétail est faite à travers le fourrage naturel. En 2024, la région comptait 67 espaces de pâturage, d’une superficie totale de 1 799 hectares. Ces espaces sont situés dans les provinces du Yatenga (1 040 ha) et du Zondoma (757 ha). Le fourrage nature est complété par les résidus de récoltes et les Sous-produits agro-industriels (SPAI).

Les principales contraintes au niveau des facteurs de production sont l’insuffisance des points d’eau, la réduction des aires de pâture, la faible disponibilité du fourrage naturel surtout en saison sèche et le coût élevé des SPAI.

  • Effectifs du cheptel

Le cheptel se compose essentiellement de bovins, de caprins, d’ovins, de porcins, d’asins, d’équins, de camelins et de volaille. En 2024, la région compte 144 000 bovins, 539 000 ovins, 919 000 caprins, 137 000 asins et 109 000 porcins. La région regorge également d’un important effectif de volaille (1 926 000), d’équins (4 026) et de camélins (1 341).

Source : Annuaire agro-sylvo-pastoral, 2024

  • Santé animale

Les maladies les plus couramment rencontrées dans la région sont :

  • la péripneumonie contagieuse des bovins et des petits ruminants ;
  • la pasteurellose des bovins et des petits ruminants ;
  • la peste des petits ruminants ;
  • chez la volaille, la maladie de New castel (pseudo-peste aviaire), les parasitoses, la variole aviaire, le choléra aviaire.

Ressources minières

La région de Yaadga possède une diversité de ressources minérales dont la principale est l’or. Il faut noter que ladite région abrite trois (03) mines industrielles dont une (01) en exploitation (Riverstone Karma SA) dans la commune de Namissiguima (Yatenga), une (01) nouvellement créée (SOPAMIB-Bouboulou Mining) dans la commune de Yako (Passoré) et une (01) en arrêt dans la commune de Kalsaka (Yatenga). En outre, le Yaadga compte cinq (05) mines semi-mécanisées en gestation et plus de deux-cent sites artisanaux. Ces activités emploient de milliers d’hommes et de femmes majoritairement jeunes.

Carrières

La région de Yaadga ne dispose pas actuellement de carrières moderne. Toutefois trois permis d’exploitation ont été délivrées et les recherches sont en cours. 

Plusieurs carrières artisanales permettent de ravitailler les différents chantiers de construction dans la région.

Industries

Le secteur de l’Industrie de production dans la Région de Yaadga est caractérisé par la petite industrie. Il est majoritairement constitué de petites unités industrielles qui sont principalement dans les domaines de :

  • la transformation agroalimentaire (boulangeries-pâtisseries, transformation de céréales, de fruits et légumes, de produits laitiers, …) ;
  • la production d’eau minérale préemballée en sachet.

On note la présence de deux (02) grandes unités industrielles dont la plus emblématique est la Société Faso Tomate (SOFATO) inaugurée à Yako en 16 décembre 2024 par son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso.  Il faut souligner également l’existence d’une unité formelle de production d’huile alimentaire. Il s’agit de « Aorema Industrie Sarl » installée à Ouahigouya.

En 2025 le gouvernement burkinabè visait atteindre une part contributive des industries manufacturières à 12.9% au produit intérieur brut. Il était de 9.6% en 2021. Il n’y a pas d’information spécifique disponible pour la région de Yaadga.

Artisanat

L’artisanat constitue un maillon important dans le processus de modernisation des secteurs clés de l’économie. Ce secteur est constitué de trois (03) catégories d’artisanat que sont l’artisanat de production, l’artisanat de service et l’artisanat d’art.  L’ensemble des activités de ces groupes est organisé en huit (08) branches d’activités artisanales qui regroupe chacune des corps de métiers et des métiers. Au Burkina, quarante (40) corps de métiers et trois cents trente-deux métiers sont identifiés.

Pour ce faire, dans la Région de Yaadga, les activités artisanales dominantes se classent principalement selon la nomenclature des métiers de l’artisanat au Burkina Faso dans quatre (04) branches d’activités à savoir la branche « Textile et habillement, cuirs et peaux », la branche « Agroalimentaire, Alimentation et Restauration », la branche « Métaux et construction métallique, mécanique, électromécanique, … » et la branche « Mines et carrières, construction et bâtiment ». En effet, il s’agit des métiers de la maroquinerie, du travail du cuir, du tissage traditionnel, de la sculpture, la bijouterie, la poterie,

L’artisanat est une source de création d’emplois et générateur de richesses. En effet, au Burkina Faso, plus de 2 909 845 personnes exercent dans le domaine de l’artisanat selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) effectué en 2019 soit 14.19% de la population nationale (20 505 155 habitants, RPGH 2019).

Dans la Région de Yaadga, 263 842 personnes vivent de l’artisanat selon le RGPH 2019. Les artisans représentent une proportion de 15.32% de la population au niveau de la région et 1.30% au niveau national.

L’artisanat contribue au niveau national à environ 30% au Produit intérieur Brut du Burkina Faso. Cependant, il est difficile de spécifier la part contributive de ce secteur à l’économie au niveau régional car l’une des difficultés majeures du secteur est la production et la mise à jour de données statistiques de l’artisanat. Il demeure toutefois un pilier économique majeur pour la région car l’artisanat constitue une source génératrice de richesses et contribue fortement à la création d’emplois au niveau local.

La région de Yaadga peut devenir un pôle de référence en artisanat si toutefois un accent particulier est mis sur l’organisation et la structuration des acteurs par branches d’activités artisanales, la promotion des produits artisanaux à travers la mise en place des infrastructures de promotion, l’organisation d’évènements de promotion commerciale tels que des foires régionales.

A titre d’exemples, la participation de la Région respectivement à la 17e édition du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO) en 2024 et à la 5e édition du Salon Régional de l’Artisanat (SARA) à Tenkodogo dans la région du Nakambé a permis aux artisans de la région de remportés des prix présentés dans les tableaux ci-dessous :

  • 17e édition SIAO 2024 : quatre (04) prix remportés par la Région de Yaadga au SIAO 2024 

Commerce

Le secteur du commerce est marqué par une très grande vitalité dans la région de Yaadga, les populations de Yaadga bénéficiant d’une forte tradition commerciale.

Au niveau du commerce intérieur, les pratiques commerciales portent essentiellement sur les produits agricoles, les produits maraichers, les produits artisanaux, des produits de l’élevage et quelques produits manufacturés importés.

Par contre, le commerce extérieur porte principalement sur les produits de l’élevage (bétails), les produits de l’artisanat. En raison de sa proximité avec le Mali, la région de Yaadga est une zone de commerce transfrontalier qui favorise les échanges avec le Mali.

On note la prédominance des activités commerciales dans les communes urbaines de la région et dans les communes rurales à travers les marchés locaux.

La majorité des commerçants exercent dans la catégorie de commerce en détail.  Il existe peu de producteurs, importateurs et grossistes en matière de commerce de distribution dans la région. Le secteur du commerce et des services représente environ 90% des emplois de la région.  La plupart des acteurs sont majoritairement dans l’informel

Le secteur de commerce et des services a contribué au niveau national à environ 54.1% au produit intérieur brut en 2024. Dans la région de Yaadga ce secteur étant fortement marqué par la situation sécuritaire, il n’y a pas un taux spécifique mentionnant l’apport de ce secteur à l’économie régional mais il demeure le deuxième secteur d’activité jouant un rôle résiliant dans l’économie locale.

Services

La région de Yaadga connaît une transformation économique portée par le dynamisme du secteur des services. De l’hôtellerie au commerce, en passant par l’éducation et la santé, les services structurent désormais le quotidien des populations et participent activement au développement régional.

Les marchés locaux, véritables carrefours d’échanges, dynamisent le commerce et favorisent la promotion de l’artisanat traditionnel : forge, cuir, poterie et tissage. Ces savoir-faire endogènes trouvent une nouvelle visibilité grâce aux services de distribution et de commercialisation.

Sur le plan social, les services éducatifs et sanitaires jouent un rôle crucial. Les écoles et centres de formation forment une jeunesse consciente et compétente, tandis que les structures de santé, malgré les défis, améliorent progressivement l’accès aux soins.

Quant aux services de communication et de transport, ils facilitent la mobilité des personnes et des biens. Les axes routiers reliant Ouahigouya aux autres provinces et à Ouagadougou sont stratégiques pour l’intégration économique et le rayonnement de la région.

le secteur informel foisonne dans les principaux centre à travers des boutiques, ateliers d’artisanat, les services de téléphonie et de vente en ligne, restaurants et espaces de loisirs.

Le secteur des services en Yaadga apparaît ainsi comme un levier essentiel de croissance, de cohésion sociale et de valorisation des richesses locales. Il incarne la volonté des populations de bâtir une économie endogène, résiliente et ouverte sur le monde.

Transport

Le secteur des transports dans la région de Yaadga regorge des potentialités de plusieurs ordres. En effet dans la région de Yaadga toutes les catégories de transport sont pratiquées. Ce sont :

  • Le transport de personnes ou de voyageurs,
  • Le transport de marchandises diverses,
  • Le transport de marchandises dangereuses (hydrocarbures),
  • Le transport de bois de chauffe et de charbon de bois,
  • Le transport d’agrégats et/ou d’ordures et d’excrétas

Les deux catégories les plus développées sont le transport de personnes ou de voyageurs et le transport de marchandises diverses.

Elles possèdent chacune une flotte composée de centaines de véhicules permettant le déplacement des personnes et le transport des marchandises pour la consommation de la population de la région.

Pour le transport de personnes ou de voyageurs, cinq (05) grandes compagnies officielles (STAF, TSR, STNF, RAKIETA et SARAMAYA) desservent les villes de la région. Ces compagnies possèdent des gares aménagées et des cars de dernières générations avec toutes les commodités et confort.

Pour la mobilité urbaine de la région de Yaadga, la SOTRACO assure le déplacement sécurisé de la population de Ouahigouya. Le réseau de la SOTRACO de Ouahigouya compte trois (03) lignes exploitées (une ligne ordinaire et deux lignes spéciales étudiants) :

  • la Ligne ordinaire d’environ 14 km prend départ au terminus de Goinré en passant par le camp Zondoma, l’ONEA, le lycée Yaadga,le grand marché, la place de la nation, le lycée sainte Marie, la gare routière, carrefour hôpital ,le CHUR au terminus école Wendpouiré de Gourga ;
  • la ligne spéciale N°1 d’environ 11 km prend départ à la place de la nation à l’ULBO ;
  • la ligne spécial N°2 d’environ 03 km prend départ à la place de la nation à l’ex-ENEP.

Des perspectives suivantes sont envisagées :

  • l’ouverture d’une deuxième ligne ordinaire qui prendra départ de la place de la nation à Rikou extensible jusqu’à l’aérodrome,
  • l’ouverture d’une ligne intercommunale Ouahigouya-Gourcy de 45 km.

La flotte de la SOTRACO est composée de sept (07) bus opérationnels dont le nombre s’accroitra avec l’ouverture des nouvelles lignes.