Dori, le 5 juin 2026 – Le Centre hospitalier régional (CHR) de Dori abrite désormais une lueur d’espoir pour de nombreuses femmes de la région. Ce vendredi a marqué le lancement officiel de la campagne de chirurgie réparatrice de la fistule obstétricale, des prolapsus génitaux et des complications liées à l’accouchement.
Portée par une synergie d’acteurs de premier plan, cette initiative humanitaire, chirurgicale et pédagogique vise à répondre à une urgence sanitaire restée trop longtemps silencieuse.
La cérémonie officielle a été présidée par le Camarade Adama KOUSSOUBÉ, Haut-commissariare de la province du Yagha représentant le Camarade Gouverneur de la région du Liptako-Soum.
L’événement a également enregistré la présence d’une mission de haut niveau venue de Ouagadougou, conduite par le Camarade Professeur Charlemagne Ouédraogo, Professeur titulaire en gynécologie-obstétrique et ancien ministre de la Santé.
Une réponse humaine face au double fardeau de la maladie et de l’insécurité
Dans la région du Liptako-Soum, la crise sécuritaire persistante a profondément désorganisé le système de santé : fermetures de structures périphériques, personnel surchargé et routes dangereuses qui coupent les patientes des centres de référence.
C’est dans ce contexte d’extrême vulnérabilité, exacerbé par la précarité des populations déplacées internes, que s’inscrit cette campagne de proximité.
Lors de son discours d’ouverture, le Camarade Adama KOUSSOUBÉ a souligné l’alignement de cette action avec les priorités nationales :
« Cette initiative s’inscrit pleinement dans les priorités de santé publique définies par le Gouvernement du Burkina Faso, notamment la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles, ainsi que l’amélioration de l’accès des populations vulnérables aux soins spécialisés. »
Tout en saluant les efforts déjà consentis par l’État – à travers la gratuité des soins ciblés et le Plan national d’élimination de la fistule obstétricale –, le représentant du Gouverneur a reconnu la persistance de défis majeurs dans les zones d’accès difficile. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à renforcer les plateaux techniques, à améliorer la couverture sanitaire rurale et à honorer les doléances liées aux ressources humaines.
Des objectifs clairs pour un impact durable
Menée en étroite collaboration avec la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) et le personnel du CHR de Dori, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, la campagne s’articule autour de trois objectifs majeurs :
Prise en charge directe : Offrir une intervention chirurgicale entièrement gratuite à au moins 20 femmes souffrant de ces pathologies invalidantes.
Renforcement des compétences : Former au moins 10 prestataires de santé locaux aux techniques de prise en charge chirurgicale afin d’assurer la pérennité des soins.
Prévention : Déployer des actions de sensibilisation communautaire pour briser le tabou et prévenir l’apparition de nouvelles fistules.
En combinant le soin chirurgical à la formation médicale, cette campagne redonne non seulement la santé, mais réhabilite la dignité et l’espoir au sein des communautés les plus éprouvées.
Le rideau s’est levé sur cette vague de solidarité sous les mots d’ordre de l’engagement patriotique partagé par les autorités locales : « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »