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Valeurs culturelles de référence

La région de Bankui (anciennement Boucle du Mouhoun) tire ses fondements culturels de la diversité des peuples qui la composent. Leurs valeurs de référence reposent sur des principes de solidarité, de cohésion sociale et de transmission intergénérationnelle, illustrés par de fortes traditions communautaires.

Les principales valeurs culturelles qui animent les populations de cette région s’articulent autour de plusieurs axes :

L’esprit de solidarité et le vivre-ensemble : La cohésion sociale, l’entraide communautaire et le sinangouya ou la parenté à plaisanterie sont des piliers fondamentaux qui unissent les différentes communautés (notamment les Bwaba, Dafing, Samo, mossi ; etc.).

L’amour du travail et le courage : La combativité, la détermination et le travail collectif, particulièrement lors des travaux champêtres, sont des repères identitaires forts.

Le respect et l’hospitalité : Le respect des aînés, de la parole donnée et des coutumes, ainsi que l’accueil chaleureux de l’autre, sont des principes sacrés.

La transmission des savoirs : Les rites d’initiation, les contes, la musique, la lutte traditionnelle et l’art culinaire sont activement préservés et transmis à la jeunesse, comme en témoigne la vitalité d’événements locaux.

La résilience : Face aux défis sécuritaires, humanitaires et climatiques, les populations locales font preuve d’une grande force de caractère, enracinée dans leurs us et coutumes, pour préserver la paix. 

Arts et artisanat traditionnel

L’art et l’artisanat du Bankui s’articulent autour de plusieurs piliers culturels et techniques :

Les Masques et la Sculpture : Le Bankui est le berceau de manifestations majeures comme le FESTIMA (Festival International des Masques et des Arts). Les artisans y excellent dans la confection de masques en bois et en fibres, témoins des rites et croyances des peuples de la province des Balés et des Banwa.

Le Tissage et la Teinture : Les coopératives locales, notamment portées par les femmes, perpétuent la confection de pagnes tissés teints à la main (souvent à base de coton local et de l’indigo), utilisés lors des grandes cérémonies festives, coutumières.

La Poterie et la Vannerie : L’artisanat utilitaire y est très développé. Les femmes réalisent des canaris, des jarres et des poteries décoratives (commune de Tchériba renommée pour la valorisation de la poterie dans toute sa diversité). La vannerie (paniers, nattes) utilise les fibres et pailles locales.

La Métallurgie et la Forge : Les forgerons locaux maintiennent des techniques de forge traditionnelles. Ils fabriquent des outils agricoles, des objets usuels, et travaillent également le bronze et les métaux précieux pour la confection de bijoux et d’amulettes. La région abrite l’un des plus anciens sites de métallurgie du pays situé dans la commune de Douroula et faisant partie du bien classé patrimoine mondial de l’UNESCO en 2019.

Musique et danse traditionnelle

La région de Bankui possède un patrimoine musical et chorégraphique riche, porté par les peuples Bwaba, Dafing, Marka et Mossi. La musique repose sur un mélange d’instruments à vent, cordes et de percussions. Les pas de danses qu’on y trouve sont :

Festivals locaux et événements (agendas culturels)

La région enregistre une multitude de manifestations culturelles à caractère, régional, national et international qui drainent des milliers de festivaliers à l’occasion de leurs tenues.

Tableau : les manifestations culturelles de la région

Trésors humains vivants

  • Bomavé KONATE

Né en 1958 à Oury, un village situé à 30 km de la ville de Boromo, au Burkina Faso, l’artiste Bomavé Konaté est issu de la communauté BWA, forgeron de naissance. Il devint une figure emblématique de la sculpture burkinabè. En 2015, le ministère de la Culture des Arts et du Tourisme du Burkina Faso l’élève au rang de « Trésor humain vivant » (THV). Cette distinction est une reconnaissance de l’État envers toute personne dépositaire de connaissances et de savoir-faire et qui est capable de les transmettre aux générations futures.

  • Amadou Lougué

Né en 1975 à Kalambouli, dans la commune de Sibi (province des Balé), il est reconnu comme Trésor Humain Vivant (THV) dans le domaine des connaissances et pratiques liées à la nature et à l’univers. Praticien du reboutage traditionnel, il met son savoir-faire au service des populations et contribue à la préservation ainsi qu’à la transmission de ce précieux patrimoine culturel immatériel. Il est fait deuxième Trésor Humain Vivant lors de la 4e édition du mois du patrimoine à Ouahigouya, dans la région du Yaadga.

Savoir-faire et savoir-être endogènes de paix et de cohésion sociale

Sur le plan du tourisme, la région de la Boucle du Mouhoun dispose d’un potentiel naturel et patrimonial considérable, encore peu exploité mais porteur d’avenir. Ses paysages verdoyants, les berges du fleuve Mouhoun, ainsi que des sites historiques comme celui de Douroula, témoignent d’un passé riche et d’une biodiversité remarquable. Ces atouts font de Bankui une destination idéale pour le tourisme culturel, écologique et scientifique. Le développement de circuits touristiques intégrant les savoir-faire artisanaux, les marchés locaux et les traditions culinaires pourrait favoriser une économie touristique inclusive et durable.

Cependant, malgré ces nombreux atouts, le tourisme structuré demeure en phase de développement. Le manque d’infrastructures d’accueil modernes, la faible promotion des sites, ainsi que l’insuffisance des investissements dans le secteur freinent encore la pleine exploitation de ces ressources. Néanmoins, plusieurs initiatives locales et régionales émergent : festivals, semaines régionales de la culture, campagnes de promotion du « consommer local » et actions de mise en valeur du textile traditionnel (notamment le Faso Danfani). Ces efforts traduisent une volonté collective de renforcer l’identité régionale et de positionner Bankui comme un pôle culturel et touristique majeur du Burkina Faso.

Ainsi, la région de la Boucle du Mouhoun illustre parfaitement le lien entre culture, communication et développement durable. En consolidant la coopération entre les acteurs publics, privés et communautaires, elle peut transformer son riche héritage en un véritable moteur de croissance économique, sociale et identitaire au service de toute la nation burkinabè.

Sites touristiques

  • Le Musée Communal du Gnambadou 

Le Musée ethnographique et archeologique denommé musée communal « gnambadou », represente les resultats des fouilles réalisées à Douroula et donne un apercu plus général de la metallurgie traditionnelle dans la province du mouhoun.

Fruit de l’initiative du Dr Lassina Koté, Enseignant chercheur à l’Université Joseph ki Zerbo et ancien Maire de la Commune, ce musée est opérationnel depuis novembre 2017. Cela a été rendu possible grâce à la coopération entre la ville de Besançon en France et la commune de Douroula dans le Bankui.

Ses deux salles d’exposition, presentent des objets traditionnels de broyage de mil, de maïs, des flèches, des lances, des cannes, des flûtes à cornes de buffle, des objets de beauté tels des colliers, des bracelets, du matériel traditionnel de préparation et de conservation de mets locaux, etc.

Diverses variétés de pagne traditionnel dont les motifs et les couleurs indiquent soit une humeur soit un mode de vie y sont également exposés pour valoriser la femme marka.

  • Le site de metallurgie ancienne de Douroula

Vestiges d’un fourneau de type semi-souterrain et datant du VIIIe siècle avant notre ère, situes dans la commune de Douroula, ce site est le témoin le plus ancien du développement de la production du fer actuellement identifié sur le territoire du Burkina Faso, et illustre cette première phase relativement précoce du développement de la production de fer en Afrique. Il se présente sous la forme d’un creux tronconique dans le sol avec des parois faites de terre latéritique partiellement cuite lors de son utilisation. Il fait partie du bien composé des hauts fourneaux de Tiwèga, Yamané, Tindibo, Bekuy, classé patrimoine mondial de l’UNESCO le 05 juillet 2019.

Les sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso sont directement associés à des traditions vivantes portées par le groupe socioprofessionnel des forgerons. Ces traditions s’expriment aujourd’hui par des valeurs symboliques liées à la technologie du fer au sein des communautés descendantes des forgerons et des métallurgistes. Maîtres du feu et du fer, les forgerons perpétuent des rites et des pratiques sociales ancestrales qui leur confèrent un rôle important au sein de leurs communautés.

En plus du fourneau et de la mine, 15 buttes anthropiques ont également été recensées. La répartition de ces buttes a livré de la poterie, du matériel de broyage, des outils de fer, et des sépultures humaines. Leur répartition laisse apparaitre des groupes de buttes interprétés comme des villages avec différents quartiers.

  • Une forge traditionnelle dans la commune de Oury

La forge traditionnelle de Oury, est un site remarquable abritant la plus grande forge traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest, perpétuant un savoir-faire ancestral de travail du fer qui joue un rôle crucial dans la vie culturelle, spirituelle et économique des communautés locales, même face à la modernité. C’est un centre d’apprentissage et de transmission de techniques de travail du fer, de génération en génération, impliquant des savoirs rituels et techniques.

La forge traditionnelle est construite sous forme d’hangar et est le lieu où les métaux sont travaillés au feu et au marteau.

Dans cette forge traditionnelle on dénombre 18 foyers répartis par famille. La forge appartient aux forgerons issus de la famille Konate. Autochtones, ces forgerons sont des bwaba venus de Béréba. Dans ce village, les forgerons jouent un rôle social (rassembleur, médiateur, croque mort). Elle est un lieu sacré où des gens viennent demander de la bénédiction, la protection, la fécondité. Elle est la plus anciennes forge  traditionnelle du Burkina Faso.

A côté de la forge ; l’on note également des ateliers de sculpture sur bois qui sont exploiter par des forgerons.

  • Le Parc National des Deux Balé

Le PNDB se situe dans la région du Bankui et occupe une superficie de 80 600 hectares. Il se partage entre les provinces des Balé et de Tuy. Le parc est compris entre les Départements de Boromo, de Bagassi et de Zawara au Nord, de Koti au Sud, de Poura et de Fara à l’Est où le fleuve constitue sa limite naturelle, et de Pa et Fouzan à l’Ouest.

Un groupe d’éléphants dans le Parc National des deux Balé, l’espèce emblématique du parc.

  • La vielle Mosquée de Ouahabou

Elle se situe dans le village de Ouhabou à 25 kilomètres de Boromo sur la Route Nationale 1 (RN1). Facile d’accès, son histoire est liée à celle de El Hadj Mahamoudou KARANTAO, natif de la localité qui fit construire la mosquée et sa résidence (1850) à Ouhabou.

Office religieux aux fondations séculaires, la mosquée de Ouahabou est un symbole de la conquête islamique, conduite par Mahamoudou Karantao, au début du XIXe siècle dans la province des Balé, au Burkina Faso. Cet édifice religieux entièrement construit en banco avec une voûte et des minarets soutenus par du bois, en 1816, suscite la curiosité des Burkinabè et des touristes. 

  • Le piège à hyène de Ouroubono

Le piège à hyène est une fosse de près de six mètres de profondeur et de dix mètres de diamètre creusée par les habitants du village de Ouroubono depuis 1936 et qui servait à piéger les hyènes qui venaient attraper leurs animaux. Selon les autochtones, un animal était attaché au milieu du piège pour servir d’appât aux hyènes.

  • La poterie de Tchériba

Tchériba est un village situé à 45 Kilomètres de Dédougou. Dans ce village, les femmes se sont organisées en associations pour faire de la poterie leur principale activité. On y trouve des pots de tout genre, des ustensiles de cuisine, des objets de décoration, on peut même assister à la fabrication de ces objets.

A Tchériba, la poterie n’est pas uniquement une activité artisanale, elle est l’éclat d’un héritage ancestral, d’un savoir-faire transmis de génération en génération et un moteur économique indispensable pour de nombreuses femmes de la commune.

  • Village au champ de greniers familiaux de labien et de sao

Le grenier, dans la tradition africaine, est la forme que l’homme a trouvée pour la conservation des grains de leur culture. A Labien, comme à Sao les familles alignent les greniers de façon ingénieuse sur pied ; ils peuvent atteindre plusieurs mètres de haut (5-6 mètres), avec des achèvements architecturaux et un toit en terre battue dont l’intérieur ressemble à celle d’une habitation. L’architecture de ces greniers peut être revêtue et décorée par différentes représentations (humaine, animal, nature). Sur la façade, il y a des ouvertures pour accéder à l’intérieur du grenier.

  • Chute d’eau de Sogodjenkoli (commune de Sami /Banwa)

La chute d’eau de sogodjenkoli est située dans la commune rurale de sami, dans la province des Banwa (région du Bankui).Elle est distante de solenzo (chef –lieu de la province) de 132km et de Dédougou (chef –lieu de la région) de 130 km.

  • Le Monument de la Révolte Bwa de 1915-1916

Dans la dynamique de notre histoire récente, la révolte bwa de 1915-1916 est avant l’heure la prime manifestation de l’attachement des populations burkinabè à la liberté et traduit leur rejet de toute oppression. Le monument est situé à l’entrée de l’hôtel de ville de Dédougou et draine des visiteurs curieux de découvrir l’histoire de la région.