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Aperçu général sur l'économie

L’économie de la région des Koulsé est principalement agro-sylvo-pastorale, caractérisée par une agriculture en pleine révolution, l’élevage et un potentiel minier. Grâce à la résilience des populations face aux défis sécuritaires et humanitaires, la zone se développe par le biais de l’artisanat, l’exploitation minière et l’activité commerciale. Le réseau routier est aussi en pleine expansion.

Quelques données sur l'économie

5ème région la plus peuplée du Pays (Incidence de pauvreté à 60,8%)

89,34% de cette population réside en milieu rural

89,74 habitants au km²

3,48% de taux d’accroissement annuel moyen

52,66% de femme (majorité féminine comme à l’échelle nationale)

48,51% de la population a moins de 15 ans.

Agriculture

La région des Koulsé se caractérise essentiellement par une pluviométrie marquée par une irrégularité spatio-temporelle rendant ainsi aléatoire et précaire les activités agricoles et économiques (pêche, maraîchage…) liées aux ressources en eau pluviale. Dans la région, des activités minières et artisanales sont également présentes.

La population agricole des Koulsé, estimée à plus de 1,3 million de personnes, se caractérise par une proportion légèrement plus élevée de femmes que d’hommes et par une structure d’âge dominée par la jeunesse, notamment les moins de 18 ans qui constituent une réserve importante de main-d’œuvre. Cette dynamique fait face à des limites majeures liées au faible niveau d’instruction et à l’analphabétisme. La majorité des chefs de ménages agricoles sont mariés et la quasi-totalité de la population agricole demeure des actifs agricoles confirmant la vocation agricole de la région.

La production agricole pluviale est majoritairement orientée vers l’autoconsommation, surtout pour les céréales, à l’exception de de la province du Sandbondtenga où la commercialisation est plus développée. L’agriculture pluviale est dominée par les céréales, avec 305 116 ha emblavés et une production totale de 297 183 tonnes, largement portée par le sorgho et le mil. Les cultures de rente couvrent 36 256 ha, principalement l’arachide et le sésame, avec une forte spécialisation provinciale, notamment dans le Sandbondtenga. Les autres cultures vivrières, dominées par le niébé, représentent 36 109 ha et 29 323 tonnes de production. Les rendements restent variables selon les cultures et les provinces, mais sont nettement plus élevés sur les plaines et bas-fonds aménagés, notamment pour le riz.

Le maraîchage dans la région des Koulsé, est une activité agricole essentielle, avec 385 sites de production et une superficie totale de 9 031 hectares. Les cultures dominantes, comme la tomate, l’oignon bulbe et le chou, génèrent une production annuelle de 141 868 tonnes et des revenus significatifs, notamment pour le chou et l’aubergine importée.

Élevage

L’élevage est pratiqué par plus d’homme (55,4%) que de femme (44,4%), avec un taux d’homme plus remarquable dans la province du Bam (63,2%). L’activité est majoritairement portée par des adultes (60,2 %), tandis que les jeunes y participent de manière significative. Le niveau d’instruction des éleveurs est globalement faible, avec plus de 81,3 % sans aucune instruction, une situation similaire dans toutes les provinces.

Les systèmes d’élevage sont dominés par le mode sédentaire extensif, quelle que soit l’espèce animale. La transhumance est surtout pour les bovins, ovins, caprins et les asins.  Le cheptel régional est dominé par les poulets locaux, suivis des présente ovins,les caprins, les pintades et les bovins. Les effectifs varient selon les provinces, le Sandbondtenga et le Namentenga concentrant une part importante des animaux. La mortalité animale demeure élevée, surtout chez les poules locales (37,1 %) et les   caprins (7,1 %). Les porcins (57,1 %) et les pintades (133,9 %) affichent les taux d’accroissement naturel les plus élevés. 90,1% des éleveurs utilisent des produits vétérinaires pour prévenir les maladies et soigner leurs animaux. Cette proportion des éleveurs pratiquant l’apport de soins vétérinaires aux animaux est plus importante dans les provinces du Sandbondtenga (93,7%) et du Namentenga (90,7%). Par contre dans la province du Bam (80,5%), elle est inférieure à celle de la région.

 

La région des Koulsé dispose 100 sites de pêche, principalement concentrés dans Sandbondtenga (4,7%) et Bam (3,0%). Ils sont plus présents dans les retenues d’eau (70,8%) et sont très fortement affectés par l’ensablement. La proportion de sites ensablés dépasse 94 % dans toutes les provinces.

La disponibilité permanente de l’eau dans les sites de pêche au niveau régional est globalement moyenne (52,4%) et la province de Bam se distingue par une forte proportion de sites de pêche permanents (88,5 %). Les sites de pêche sont exploités pendant 241 jours en moyenne dans l’année à l’échelle régionale et la province de Bam se distingue avec 293 jours de pêche.

La région compte 1020 pêcheurs presque tous des hommes (99,2%), majoritairement non instruits (69,0%) et essentiellement des Burkinabè (98,7%). La pêche est surtout semi-professionnelle (68,3% de pêcheurs). Elle est pratiquée pendant toutes les périodes de l’année et principalement en saison froide (86,4%).

Ressources minières

La région des Koulsé, située dans la partie centre-nord du Burkina Faso, est connue pour ses potentialités minières, notamment l’or, exploité aussi bien de façon industrielle qu’artisanale (orpaillage). Ces activités minières contribuent à l’économie locale par la création d’emplois et la génération de revenus. La Région est dominée par des roches des formations volcaniques et volcano-sédimentaires de la ceinture de Kaya-Goren. Les potentialités de la région, selon les compilations de la Direction Générale des Mines et de la Géologie, établi en 2018 : le métal précieux reste l’Or, avec les mines de Bissa, Bouly, Taparko et les métaux de base sont dominés par le Nickel, dont le plus intéressant est celui de Dablo.

Carrières

La Région est dominée par des roches des formations volcaniques et volcano-sédimentaires de la ceinture de Kaya-Goren : Schistes, méta-sédiments, grauwackes, quartzites. On y rencontre des roches volcaniques mafiques à intermédiaires (basaltes, andésites, tufs) et ces séries sont recoupées par des plutons granitoïdes (granodiorites, tonalites, granites), qui sont des potentialités en matière de carrières. Les substances utiles (substances de carrières) sont plus les matériaux de construction (granitoïdes), les tufs, le graphite, les latérites et le kaolin. On y rencontre des carrières industrielles comme la carrière granitique de Nigui à Korsimoro, les carrières de tufs à Bousouma et Korsimoro et plusieurs carrières informelles de latérites.

Industries

L’industrie regroupe l’ensemble des branches d’activités économiques comprenant notamment l’extraction minière, l’industrie manufacturière ainsi que les bâtiments et travaux publics. Dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Industrialisation, le périmètre d’intervention est spécifiquement limité au secteur de l’industrie manufacturière.

L’industrie manufacturière se définit comme un secteur d’activités économique structuré, mobilisant de manière coordonnée les facteurs de production, en particulier le travail et le capital, en vue de la transformation de matières premières ou de produits intermédiaires en biens destinés au marché. Conformément aux orientations de la Stratégie Nationale d’Industrialisation du Burkina Faso, ce secteur est reconnu comme un moteur essentiel de la transformation structurelle de l’économie nationale, un levier stratégique de création d’emplois décents et un vecteur majeur de promotion de l’innovation technologique.

Le tissu industriel de la région des Koulsé demeure faiblement développé et se caractérise par un stade embryonnaire. Il est essentiellement composé d’unités d’ensachage d’eau et de boulangeries de petite et moyenne taille.

La principale unité industrielle de la région est l’Unité Industrielle pour la Transformation des Céréales (UTRACER-SARL), implantée dans la commune de Kaya.

Les unités industrielles de la région des Koulsé

Domaine d’activité

Localité

Nombre

01

Transformation agroalimentaire

Sandbondtenga (Kaya)

01

02

Boulangerie

Sandbondtenga

11

03

Boulangerie

Bam (

4

04

Boulangerie

Namentenga

3

05

Ensachage d’eau

Sandbondtenga

10

06

Ensachage d’eau

Bam

03

08

Transformation de lait

Sandbondtenga

01

Total

33

Artisanat

L’artisanat occupe une place stratégique dans l’économie de la région des Koulsé qualifiée de citée des cuirs et peaux. Il constitue une source essentielle de revenus et d’emplois pour une large frange de la population, en particulier les femmes et les jeunes. Les activités artisanales s’appuient sur des savoir-faire endogènes transmis de génération en génération et valorisent majoritairement les matières premières locales.

Principales pratiques artisanales
Les principales filières artisanales pratiquées dans la région comprennent :
– Artisanat textile et de l’habillement
o Tissage traditionnel (Faso Dan Fani)
o Teinture artisanale
o Couture et broderie traditionnelle
– Artisanat de transformation
o Transformation agroalimentaire (soumbala, beurre de karité, arachide, céréales locales)
o Transformation du cuir et de la peau
– Artisanat d’art
o Sculpture sur bois
o Poterie et céramique traditionnelle
o Bijouterie artisanale
– Artisanat utilitaire
o Forge et travail du métal
o Fabrication d’outils agricoles
o Menuiserie bois et métallique

Proportion de la population vivant de l’artisanat
Une part importante de la population active de la région tire tout ou partie de ses revenus de l’artisanat.
On estime que l’artisanat concerne plusieurs dizaines de milliers d’acteurs, majoritairement en milieu rural et périurbain, avec une forte implication des femmes, notamment dans la transformation agroalimentaire et le textile.

Apport de l’artisanat à l’économie régionale
L’artisanat contribue significativement à :
– la création d’emplois locaux et l’auto-emploi
– la valorisation des produits locaux
– la réduction de l’exode rural
– le renforcement de l’économie sociale et solidaire
– l’approvisionnement des marchés locaux et nationaux

Quelques infrastructures artisanales
Au regard de l’importance du secteur pour la region, elle dispose de plusieurs infrastructures dont entre autres :
– le Village Artisanal de Kaya (VAK) qui est un outil stratégique de développement de la filière ;
– le site de la tannerie du Secteur 06 – Fédération NERWAYA de Kaya qui a une capacité journalière de 200 peaux tannées ;
– le marché de peaux de Kaya dédié exclusivement à la vente des peaux ;
– le hall des artisans (en refection) qui favorise l’écoulement des produits finis de la maroquinerie et de la cordonnerie

Commerce

L’activité commerciale, dans la région des Koulsé, est dominée par le commerce de détail, notamment la vente des produits alimentaires couramment appelés, produits de divers. Cette situation s’explique par le fait que nombre d’entreprises enregistrées dans la région sont à l’état embryonnaires et majoritairement informelles.  Aussi, certaines entreprises considérées comme ayant le statut de grossiste ou de demi-grossistes ont la double casquette de demi-grossiste et de détaillant. 

Proportion de la population vivant du commerce et l’apport de l’activité commerciale à l’économie locale et nationale

Pour ce qui est des données chiffrées par rapport à la proportion de la population vivant du commerce et des services ainsi que l’apport de l’activité commerciale à l’économie locale et nationale, il faut noter qu’il n’existe pas de données récentes et exactes, vu que la majorité des acteurs exerçant dans ce domaine évolue dans l’informel. Toutefois, le septième recensement industriel et commercial de l’INSD effectué en 2016 permet d’avoir une idée sur l’activité commerciale dans la région.

Selon le rapport de ce recensement, la région des Koulsé enregistrait deux mille cent vingt-cinq (2125) entreprises. La majorité de ces entreprises excellent dans le commerce et 97% de ces entreprises sont individuelles. Le taux de formalité de ces entreprises est de 3,3%, c’est-à-dire immatriculée au Registre de Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM), à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) avec un Identifiant Financier Unique (IFU). Leur contribution à l’économie nationale se situait entre 20 à 30 millions de Chiffre d’affaires avec un total de 4091 emplois créés. La contribution à l’économie locale est également importante au regard du nombre d’entreprises évoluant dans le commerce.

Au nombre de potentialités, on retrouve :

  • Diversité des produits échangés (céréales, bétail, matériaux de construction, produits alimentaires, etc.);
  • Réseau de marchés dense (des grands marchés centraux aux petits marchés locaux, facilitant ainsi les échanges);
  • Dynamisme du commerce général (en pleine croissance);
  • Importance du commerce de bétail (rôle essentiel dans l’économie rurale et source de revenus importante pour les éleveurs).

Services

Les services dans la région des Koulsé sont principalement constitués des circonscriptions administratives, des collectivités territoriales ainsi des services techniques déconcentrés de l’Etat qui représentent les différents départements ministériels en fonction de leur déconcentration. Il y a la présence du secteur privé à travers des structures formelles, non formelles et informelles qui participent à l’animation quotidienne de la vie dans la région.

Quelques tableaux sur les services

Transport

La région des Koulsé a un réseau routier classé de 1 143,74 km dont 943,42 km de routes en terre et 200,32 km de routes bitumées, et d’un réseau de pistes rurales de 4 217 km répertoriées, dont 806,11 km aménagées.