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Aperçu général sur l'économie

L’économie de la région du Guiriko (ex Hauts Bassins) est marquée par une dynamique de relance au cours de ces dernières années et cela grâce à une nette amélioration des conditions sécuritaires à travers la reconquête des zones occupées, la réouverture d’axes routiers et le retour des personnes déplacées internes (PDI) dans leurs localités d’origine.

L’analyse de l’économie régionale repose essentiellement sur les secteurs primaire, secondaire et tertiaire mais aussi et surtout, sur les défis à relever pour favoriser une croissance économique durable.

Quelques données sur l'économie

2ème région la plus peuplée du pays (Incidence de pauvreté à 21,7 %)

54,2 % de cette population réside en milieu rural

88 hbt/km2 habitants au km²

3,3% de taux d’accroissement annuel moyen

51,2% de femme (majorité féminine comme à l’échelle nationale)

42,7% de la population a moins de 15 ans.

Agriculture

L’Agriculture est pratiquée par la majorité des populations de la région. La région du Guiriko est soumise au régime de climat tropical de type nord soudanien, compris entre les isohyètes de 800 mm et 1100 mm et caractérisé par l’alternance d’une saison sèche et d’une saison pluvieuse.  La région est l’une des plus drainées du Burkina Faso avec son réseau hydrographique composé du Mouhoun et de ses affluents dont les principaux sont : la Dienkoa, le Guenako, le Kou et le Plandi. Les eaux souterraines sont relativement abondantes et peuvent donner aux forages des débits importants de l’ordre de 10 à 100 m3/heure. Toute chose favorisant la pratique de plusieurs spéculations agricoles.

La région du Guiriko comporte plusieurs types de sols mais les plus importants sont les sols sesquioxydes et matières organiques qui sont riches en oxyde de fer ou manganèse. Elle compte plusieurs bas-fonds, périmètres maraichers et 08 plaines irriguées aménagées. Les plaines sont : Nièguèma, Médinacoura, Séguéré, Bama, Banzon, N’Dorola, Fafo et Haba.

La population agricole s’élève à 1 133 214 personnes et le nombre des ménages qui possèdent des exploitations agricoles s’élevait à 125 000 en 2022. Elle est composée de 51,1% de femmes contre 48,9% d’hommes. Le nombre moyen de membres actifs agricoles dans la région du Guiriko est de 7,7 répartit en 3,8 femmes et 3,9 hommes.

La région du Guiriko a enregistré une production totale en 2024 de 1 550 193 tonnes de cultures céréalières, de cultures de rentes et d’autres cultures vivrières engendrant un chiffre d’affaires de 41 241 264 457 FCFA.

Par ailleurs, l’arboriculture est pratiquée dans la région et 90,1% des arboriculteurs sont de sexe masculin contre 9,9% de femmes. Six espèces fruitières sont cultivées par les arboriculteurs de la région du Guiriko. Ce sont les agrumes, l’anacarde, la banane, la goyave, la mangue et la papaye. Les productions totales de la région des fruits issus des espèces cultivées étaient de 293 431,8 tonnes.

En sus de ces spéculations, les populations s’adonnent au maraichage. La majorité des sites maraichers est exploitée de façon saisonnière soit 65%. Le maraichage permanent représente 35% avec une dominance dans la province d Houet (42%). La principale retenue d’eau utilisée par les maraichers dans le Guiriko est la rivière ou le fleuve, suivie des puits maraîchers, forage/puits à grand diamètre, des puits traditionnels et les barrages. La production maraîchère totale de la région du Guiriko est évaluée à 129 225 tonnes, répartie entre les différentes spéculations. Le Chiffre d’affaires y compris les produits transformés puis vendus des produits maraichers étaient de 23 012 400 FCFA.

Élevage

L’élevage est pratiqué dans la région du Guiriko par les populations. Les éleveurs de la région du Guiriko sont constitués de 61,9% d’hommes et 38,1% de femmes. La moitié des éleveurs sont des adultes (57,1%), suivi des jeunes (37,4%) et des personnes âgées (5,5%). Des types d’élevages rencontrées, celui sédentaire extensif est le plus répandu, représentant 66,5%. Cette tendance est également observée aux niveaux provincial et national.  Le cheptel de la région du Guiriko est diversifié et compte au total 4 729 402 têtes d’animaux (RGA 2, 2022) et compte plusieurs races.

Les effectifs sont dominés la volaille (57,12%), suivi des petits ruminants (26,55%), des gros ruminants (13,23%), des porcins (2,04%), des asins (0,67%) et des canins (0,34%).

Toutes les espèces animales présentent affichent une croissance naturelle positive. Toutefois, des taux de mortalité allant de faible moyen sont observés au niveau des élevages avec les plus élevé au niveau des pintades (40,4%).

De façon générale, les poules pondeuses, les poulets de chaires et les ovins sont les premiers à avoir accès aux vaccins avec respectivement 84,9%, 97,9% et 62,2%. Les asins, les caprins, les asins, les porcins et les poulets locaux, les pintades les dindons ont un accès moyen avec des taux variant entre 26% et 52%.

La pratique de l’élevage procure des revenus aux ménages agricoles. Le revenu total des ménages agricoles en 2022 issu de l’élevage des bovins est le plus élevé, atteignant 5 994 236 554 FCFA. A l’inverse, le revenu le plus faible provient de l’élevage des asins avec 509 671 192 FCFA.

En plus de l’élevage du cheptel, la pêche et l’aquaculture sont pratiquées en saison froide, saison chaude et saison pluvieuse des proportions variables. Les ressources halieutiques ne sont pas négligeables mais la pêche est de type artisanal. En 2022, 2 358 pécheurs et 36 promoteurs aquacole ont été recensés et sont en majorité des hommes. La région dispose au total de 190 sites de pêche repartis dans les trois provinces. Cet effectif représente 19,3% des sites nationaux. La quantité des produits halieutiques dans la région Guiriko étaient de 2204,528 tonnes en 2024. Trois espèces de poissons sont les plus produites et commercialisées. Ce sont sont le Tilapia le Silure et l’Auchenoglanis. Les activités halieutiques ont généré un chiffre d’affaires total de 1.658.083.424 FCFA, dont 98 % proviennent de la pêche (1.624.782.424 FCFA) et 2 % de l’aquaculture (33.301.000 FCFA).

Ressources minières

La région du Guiriko, située dans la partie Ouest du Burkina Faso, comporte les trois (3) provinces suivantes : la province du Houet, du Kénédougou et du Tuy. Etant une des régions les mieux arrosées du pays, elle regorge d’énormes potentialités minières qui dans leur majorité nécessitent une mise en valeur conséquente.

Carrières

Les substances de carrières (ou minéraux développements) sont des minéraux non métalliques extraits pour des usages industriels, de construction, d’empierrement et d’amendement des sols. Elles sont distinctes des minerais métalliques par leur valeur de marché et leur usage essentiellement dans les travaux publics, le BTP, l’agriculture ou des industries connexes.

Industries

Pour le Burkina Faso, l’industrialisation représente un levier fondamental pour transformer structurellement son économie, valoriser ses ressources endogènes, créer des emplois décents et répondre aux aspirations légitimes de sa population à un mieux-être durable.

La région du Guiriko abrite plusieurs unités industrielles parmi lesquelles certaines des premières unités industrielles du Burkina Faso comme la SN-CITEC, SAP OLOMPIC, SOFIB HUIELRIE, SOFITEX …

De nos jours la Région du Guiriko compte le plus grand nombre d’unité industrielles du Burkina dont la majorité se trouve à Bobo-Dioulasso mais aussi à Orodara avec DAFANI et BABALI.

Ces unités industrielles se sont développées grâce à la disponibilité de la matière première telle que la graine de coton avec plus de 30 huileries à Bobo, les fruits (mangue, agrumes, noix de cajoux, amandes de karité) avec 2 grandes unités de production de jus DAFANI et AFRIDIA, les produits agricoles avec AGRO SERVCE INDUSTRIE, BURKINA CAJOU, ANATRANS, les produits forestiers non ligneux avec la production de beurre de karité comme ADIPROD, IOF, SHVB… Il y’a aussi d’autres unités industrielles dans la construction métallique, la production de boissons gazeuses …

La Région du Guiriko dispose également de 2 zones industrielles aménagées et 3 projets de zones industrielles en cours.

Artisanat

Le secteur artisanal de la région du Guiriko constitue un pilier essentiel de l’économie locale. En plein essor, il est fortement créateur d’emplois et de revenus, et contribue de manière significative à la valorisation des savoir-faire locaux ainsi qu’à la transformation des matières premières disponibles dans la région.

Il s’articule principalement autour de plusieurs filières porteuses, notamment :

  • L’agroalimentaire, l’alimentation et la restauration, avec des métiers liés à la transformation et à la conservation des fruits, des légumes feuilles, des noix, des graines, des tubercules, des produits laitiers, ainsi qu’à la production d’huiles alimentaires et de graisses végétales et animales ;
  • Les textiles et l’habillement, regroupant des métiers tels que le tissage, la teinture, la couture et la cordonnerie ;
  • Les métaux et la construction métallique et mécanique, à travers des activités de menuiserie métallique et de mécanique ;
  • L’artisanat d’art et de décoration, comprenant notamment la bijouterie et la bronzerie.

La région du Guiriko dispose d’importantes potentialités structurelles et organisationnelles favorables au développement de l’artisanat. Parmi les principales, on note l’existence de la zone artisanale du secteur 24, du Village Artisanal de Bobo (VAB) au secteur 12, ainsi que du Centre National de Transformation Artisanale du Coton, situé au secteur 23 en zone industrielle. La région bénéficie également de nombreux centres de formation professionnelle publics et privés, couvrant presque tous les métiers de l’artisanat, tels que le CFPIB, COFATEX, MASSATEX, DOMODO Teinture et La Grâce Divine.

À ces atouts s’ajoutent la disponibilité des matières premières (fils FILSAH, noix de cajou, karité, graines et céréales diverses), l’organisation régulière de foires et manifestations commerciales (FIBO, Foire de la SNC, Mois du Consommons local), l’existence de structures d’encadrement et de promotion de l’artisanat (Direction régionale en charge de l’artisanat, Chambre régionale des métiers de l’artisanat), ainsi que des mécanismes de financement tels que l’AFP-PME et d’autres fonds dédiés. Les acteurs du secteur sont en outre bien structurés à travers des associations et fédérations, dont la Fédération des Acteurs de Koko Dunda.

Grâce à ces acquis et à l’engagement des artisans, la région du Guiriko s’est distinguée sur le plan national en remportant le premier prix du pôle des régions en 2023 et en 2024. À cela s’ajoutent plusieurs distinctions, dont le prix spécial décerné par l’Assemblée législative de transition lors des différentes éditions du SIAO, au cours desquelles les artisans de la région se démarquent régulièrement par de nombreuses récompenses.

Commerce

La région du Guriko, capitale économique du Burkina est un carrefour stratégique pour le commerce régional. Elle constitue une plaque tournante du commerce national, sous régional et international.

De sa position stratégique, l’activité commerciale y est très dynamique à travers le secteur informel qui mobilise environ 70% de la population urbaine. Ceci grâce à la disponibilité des infrastructures commerciales tels que des centres commerciaux, le marché central de Bobo-Dioulasso, des marchés de gros, un marché de bétail, deux marchés de fruits et légumes (Bobo et Orodara) et un port sec pour faciliter les échanges.

  • Avec un secteur industriel très dynamique et une zone à fort potentiel agro-pastorale et halieutique, l’activité commerciale est liée à l’agro-industrie dont la majeure partie des produits commercialisés sont issus de ce secteur. 

Services

La région du Guiriko, dont les principales villes sont Bobo-Dioulasso, Houndé et Orodara, connaît un développement important du secteur des services. Ces activités jouent un rôle essentiel dans l’économie locale à travers le commerce, les transports, les banques, les télécommunications, l’éducation, la santé et les services administratifs.

À Bobo-Dioulasso, principal centre économique de la région, les services sont les plus diversifiés. La ville concentre des banques, des compagnies d’assurance, des commerces modernes, des services de transport et des industries agroalimentaires. Le secteur énergétique et les services pétroliers se développent également avec l’installation de nouvelles infrastructures modernes destinées à améliorer l’offre de carburant et de services automobiles.

La ville joue aussi un rôle majeur dans les services administratifs, fonciers et financiers. Les autorités renforcent la modernisation des services publics et la sécurisation des espaces industriels afin de soutenir l’investissement et l’emploi.

À Orodara, les services sont fortement liés au commerce agricole, notamment autour des fruits et légumes. La création d’un comptoir moderne d’achat et de commercialisation vise à améliorer les échanges commerciaux, la conservation des produits et les revenus des producteurs. Cette dynamique favorise aussi les activités de transport, de restauration et de logistique.

À Houndé, les services se développent surtout grâce aux activités minières, commerciales et aux petites entreprises. Les services financiers, le transport et les activités de formation professionnelle y prennent de l’importance pour répondre aux besoins de la population et des entreprises locales. Des initiatives de formation en entrepreneuriat et en éducation financière contribuent également à renforcer les capacités des jeunes et des femmes dans les trois villes de la région.

Enfin, les services liés à l’eau potable, à l’électricité et aux télécommunications occupent une place stratégique dans le développement du Guiriko. À Bobo-Dioulasso, la station de traitement d’eau de Nasso constitue une infrastructure essentielle pour l’approvisionnement de la ville et le fonctionnement des activités économiques.

Transport

La région du Guiriko possède un réseau routier essentiel pour la mobilité, le commerce et l’intégration socio-économique. Ce réseau comprend le réseau routier classé composé des routes nationales, régionales et départementales et le réseau des pistes rurales. L’ensemble du réseau routier de la région couvre un linéaire d’environ 1516,23 km de routes classées et environ 4725,68 Km de pistes rurales.

Cette structuration du réseau routier sert de liaison principale, secondaire et tertiaire entre les différentes localités de la région d’une part et d’autre part, assure cette connectivité physique au plan national et sous-régional avec des pays comme le Mali et la Côte d’Ivoire.